Site de la commune de Morey-Saint-Denis


Histoire du village

(selon un texte de Jean-Marie PONSOT)

 

 

Sur le ruban de cette côte vineuse qui prend l'aspect d'un tapis de haute laine au gré des lieux dits, des saisons,  le village de Morey surgit de la combe tel un attachant joyau.

 

Aux confins des pays celtiques lingon et éduen, sur une des routes de l'ambre, l'agglomération fut fondée aux temps gallo-romains à l'initiative d'un vétéran et ce fut Moriacum.

C'est à la puissante famille féodale de Vergy, au XIIème siècle que nous devons la première trace écrite. Dame Elisabeth aida la nouvelle abbaye de Cîteaux en lui cédant l'apanage de la moitié du village.

Il reste du XIIIème siècle, l'actuel chevet de notre église, tandis que deux abbayes filiales, Tart et la Bussière y taillaient leurs clos de vignes, les chanoines de Vergy possédant le Clos Saint Denis.

On sait peu de choses des temps troublés telles les guerres de religion où Gevrey-Chambertin subit les cavaliers mercenaires allemands de Zweibrücken tandis qu'en 1636, les mercenaires de Gallas pillaient la région.

L'an 1451 se signale par la construction d'une église fortifiée sous le vocable de Saint Jean. Il en reste une tourelle côté sud et un tympan de porte côté nord. Grâce au duc Philippe le Bon et à son Chancelier Nicolas Rolin, la province fut préservée des ravages de la fin de la guerre de cent ans.

Au long des rues on rencontre quelques bâtiments ou traces anciennes. Autour du monument aux morts on trouve l'ancien cellier de Saint Denis, une maison des Templiers, l'ancien four banal (aujourd'hui boulangerie) et la propriété du conseiller Verchère d'Arcelot.

En descendant le pays une intéressante maison à tourelle du XVIème siècle, le Clos de Tart, des XIIème, XVème et XIXème siècles, l'église actuelle de 1708. La grande rue est bordée de maisons de maîtres dues aux périodes de prospérité : XVIIIème, restauration, fin XIXème. La plus notable fut achetée par le physicien Gaspard Monge (1746 - 1818). Elle jouxte l'église à l'Est. L'actuel groupe scolaire remplace l'ancienne cure depuis 1933.

Egrenons quelques noms célèbres pour Morey : Dame Alix de Vergy, duchesse de Bourgogne, épouse de Eudes III au XIII siècle ; les Saulx-Tavannes, capitaines de Vergy ; Riepp facteur de l'orgue de Saint- Bénigne ; Madame Marrey-Monge, fille de Monge, personne intéressante, tant par ses biens que par son dynamisme. Enfin, en 1925, Moulay, sultan du Maroc, arrière grand-père du roi actuel, fut reçu en grande pompe chez le consul Guiot, dont la maison est l'actuel cellier de Dionysos, propriété communale. N'oublions pas Camille Rodier, fondateur de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin, qui posséda le Clos-des- Lambrays.

 

Pays de passage, Morey est traversé de six voies de communication :

- la D 122, route de l'ambre à l'époque pré-celtique, allant de Chalon à la Frise ( Pays-Bas)

- la Via Agrippa, en plaine : Agrippa, lieutenant de César, traça entre autres cette voie de Lyon à Trèves en passant par Langres,

- le chemin moyenâgeux de Verdun sur le Doubs, en passant par Gilly et ... Argilly,

- la RN 74, route de Sully, période de prospérité après les Guerres de Religions,

- le chemin de fer PLM (aujourd'hui, SNCF ),

- l'autoroute A 31.

 

Dans les anciens textes, notre village s'appelait : Morey en Montagne.

En 1927, il devint Morey Saint Denis.

Cependant, "la montagne" continue de traduire en langage local le plateau calcaire où poussent sur les friches tant d'arbres et arbustes, dans les bois tant d'essences de feuillus et résineux parmi lesquels l'adaptation heureuse du pin de Douglas et du cèdre de l'Atlas.

Nos terrains de plaine forment l'avancée vers l'ouest de l'ancienne forêt gauloise de Cîteaux essartée au cours des temps, c'est à dire défrichées en " trappes ", en clairières.

Ainsi entre plaine et montagne, voici cette Côte viticole si chantée, et dont la muette louange s'inscrit en un chant sur la portée des Grands Crus entre Chambertin, et Musigny : Clos de la Roche, Clos Saint Denis, Clos des Lambrays, Clos de Tart... ainsi que les Bonnes Mares, ces bonnes mères bernardines !

Une quinzaine de premiers Crus conforte cette harmonie, dont beaucoup de " clos ". Morey est par excellence le

village des Clos.

Le touriste trouve sur Morey-Saint-Denis tout agrément et toute facilité dans une étape lui permettant de rayonner alentour, dans ce coin de Bourgogne fertile en découvertes.

Et c'est avec un sourire et un brin d'humour que les gens d'ici vous accueilleront, bien que nos voisins aient surnommé nos aïeux, " les loups ".